VIDEO. Le lucratif trafic de chiots en plein Paris

« Vendre mes chiots me permet de manger » : un mendiant hier, sur l’île de la Cité (Ier), avec sa nichée.

IRIS GAUDIN | Publié le 11.08.2012, 08h05

île de la cité (Ier), hier. Ses chiots, qu’il vend 100 €, sont la seule source de revenus de ce Rom qui affirme avoir trois enfants et une épouse à l’hôpital.

île de la cité (Ier), hier. Ses chiots, qu’il vend 100 €, sont la seule source de revenus de ce Rom qui affirme avoir trois enfants et une épouse à l’hôpital. | (LP/YANN FOREIX.)
 

Une dizaine de touristes étaient rassemblés hier après-midi autour d’un mendiant, juste en face de la Sainte-Chapelle sur l’île de la cité (Ier). L’objet de leur attention : cinq petits chiots, âgés d’à peine 20 jours, allaités par leur mère. Leur propriétaire est un Rom qui affirme avoir trois enfants et une femme à l’hôpital.

« Je vends mes chiots 100 €, confie-t-il. Mais pas ici. Vous savez, les chiots, ça permet de manger. J’ai pas de travail, moi. »

L’homme sait qu’il lui est interdit de proposer des animaux de moins de 2 mois à l’achat. Alors, dans ce haut lieu touristique situé à deux pas de la préfecture de police, il s’abstient de procéder à une quelconque transaction. Quand une personne attendrie par le sort des petits chiens lui demande si elle peut en acquérir un, il donne rendez-vous ailleurs. Difficile de savoir combien rapporte ce trafic.

Jean-Michel, bénévole de la Fondation , dit avoir retiré de la vente une centaine de chiots l’an dernier, en repérant des Roms en flagrant délit. Chaque animal était vendu entre 100 € et 200 €. Une fois avertie par le bénévole qui prend soin de filmer les scènes avec son téléphone portable, la police arrête les vendeurs, qui doivent, en théorie, s’acquitter d’une amende. « Mais ils ne la paient que très rarement, ne pouvant s’acquitter de la somme », souligne Jean-Michel, qui ajoute : « Les Roms ne font qu’exploiter leurs animaux de compagnie. » Ce mardi, trois chiots enfermés dans des sacs plastique par une mendiante rom avaient été sauvés in extremis par une policière à quelques mètres de là.

Emus, les touristes n’hésitent pas à donner une petite pièce. Le mendiant le reconnaît : « sans les chiots, personne ne s’approcherait de moi. » Un petit garçon, âgé d’à peine 2 ans, vient voir la nichée. Ses parents le laissent caresser les animaux sans méfiance. Leurs vaccinations sont-elles à jour ? Quelques instants plus tard, l’enfant s’amuse avec son frère, un bébé en poussette. Devant cette scène attendrissante en pleine rue, personne ne songe à un quelconque problème sanitaire.

Le Parisien